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Un cimetière médiéval mis au jour à Béragne

       300 tombes dans un cimetière clos, la plus grande découverte en fouilles préventives

Plus de 300 sépultures médiévales sur un même site : “C’est la première fois en Languedoc que nous avons accès à un cimetière de cette ampleur, que l’on peut fouiller en totalité dans le cadre de fouilles préventives”. Pierre-Arnaud de Labriffe, de la direction régionale des affaires culturelles Languedoc-Roussillon, et Jérôme Hernandez, archéologue de l’Inrap  ( Institut national de fouilles préventives) ne cachaient pas leur satisfaction, hier, sur le domaine de Béragne, près de Trèbes.

 Propriété d’un syndicat mixte composé de la Région Languedoc-Roussillon et de Carcassonne Agglo pour y réaliser un parc régional d’activités économiques – projet actuellement en profonde léthargie -, ces terrains avaient fait l’objet d’une première série de fouilles. Des traces du néolithique, de l’âge du bronze et du fer, une ferme gauloise et un habitat médiéval (du XIIe au XIV e  siècles) avaient alors été mis au jour : “Mais les découvertes ont finalement dépassé ce qui avait été envisagé initialement”, confient les archéologues.

 De fait, des crédits supplémentaires ont été alloués pour la fouille d’une cinquantaine d’hectares sur les 90 que compte la zone de Béragne. A l’ouest du site apparaît l’habitat, fait de pierres, ce qui est plutôt rare dans la région, et un espace constitué d’une centaine de silos.

 Vient ensuite une église en pierres, côté chœur, en bois et terre, côté nef : “En vis-à-vis, on trouve ce cimetière clos, composé d’une population d’hommes, de femmes et d’enfants, et d’une densité rappelant les cimetières urbains, alors que nous sommes en milieu rural”, note Jérôme Hernandez.

 Les ossements découverts sont extrêmement bien conservés. Ce qui permettra, en laboratoire, d’étudier plus en détail des éléments riches d’enseignement. C’est le travail de l’anthropologue biologiste Richard Donat : “Un examen complet des 300 squelettes permettra de mettre en évidence les lésions pathologiques, qui nous aiguilleront sur le mode de vie et l’environnement de cette population. Sur les premières observations, on note cependant que cette dernière avait accès à une médecine d’un certain niveau (amputations, trépanations…), ce qui était très rare pour l’époque”.

 Les scientifiques termineront leur travail sur le terrain dans les prochains jours. Ils auront ensuite deux ans pour remettre leur rapport.

Histoire
Lien avec les chanoines
Le domaine de Béragne, propriété du seigneur Xatmarus à la fin du XIe siècle, fut progressivement cédé aux chanoines de la cathédrale Saint-Nazaire. Son emprise allait jusqu’aux limites de Montirat. Le fils de l’un des serfs fut confié aux religieux et devint, par la suite, après affranchissement, l’évêque Radulphe, de Carcassonne. Son tombeau est situé dans la basilique

 

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