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2011
septembre Une matinée de chasse
Le jour ne s’était pas encore levé lorsque nous avons rejoint
Gilbert Ramon pour l’accompagner lors d’une matinée de « chasse
au poste », qui est autorisée depuis le 17 septembre. En fait,
posés après le pont de la Rode, avec vue sur Bouilhonnac, nous
n’avons pas vraiment vu ces tourterelles qui ont quasiment
terminé leur migration vers le sud, mais nous avons appris
énormément sur la chasse, les chasseurs, leur connaissance et
leur respect de la nature.
Comme son nom l’indique la « chasse au poste », impose de
s’installer sur un lieu choisi et d’y attendre l’éventuel
passage des oiseaux. Le choix de l’endroit tient compte de
divers paramètres : du vent par exemple, sachant que s’il vient
de la mer les oiseaux volent plus haut et s’il « fait cers »
c’est du coté d’Orbiel qu’il vaut mieux se positionner. Si le
chasseur est capable de reconnaitre les volatiles à leur forme
mais également à leur vol, l’oiseau sait aussi repérer la
silhouette humaine et la fuir. Le chasseur doit porter des
couleurs qui se fondent dans la nature et peut cacher son visage
et ses mains : camouflage + immobilité peuvent donner
l’occasion de voir la tourterelle pratiquement le frôler.
L’expérience existe donc de part et d’autre et le gibier est
malin : si les jeunes animaux n’ont pas encore la connaissance
des plus vieux, le savoir se transmet aussi chez le gibier. La
chasse c’est avant tout le plaisir de la nature et si l’homme
ramène une dizaine de pièces à la meilleure période de la
migration, ce sont des milliers d’oiseaux qui passent et il n’y
a pas des milliers de chasseurs sur leur passage. Même si de
longues heures de patience ne sont pas toujours récompensées la
sortie du chasseur n’est pas vaine et il en profite pour faire
un état des lieux de la nature ...
Il faut savoir que les chasseurs contribuent par divers
dispositifs au développement des espèces qu’ils chassent afin
de toujours respecter un équilibre. Sur Trèbes 10% du territoire
n’est pas chassé, constituant ainsi pour le gibier des zones de
protection. Pour les oiseaux, entre 30 et 40 égrenoirs sont
disposés ici et là dans la nature. Ce sont des cylindres
(suffisamment solides pour résister aux sangliers) pourvus d’une
petite fente où le volatile viendra se nourrir. Le «toit » de
tôle permet de recueillir l’eau de pluie dont il s’abreuvera. A
la période des naissances, l’oiseau s’alimente ainsi plus
facilement et peut rejoindre rapidement son nid et protéger ses
œufs qui seuls peuvent être la proie de prédateurs comme la buse
par exemple. Avec un sac de blé dans la voiture, des chasseurs
s’assurent lors de leurs sorties que la quantité est suffisante.
Autre action en faveur du développement du gibier : le
débroussaillage, outre le fait qu’il facilite les déplacements
du gibier, il favorise aussi les jeunes pousses de végétation
dont il se nourrit.
Du côté de Béragne
Dame tourterelle ne daignant pas se montrer, c’est vers Béragne
que nous avons pu en apprendre plus encore.
L’observation permet de repérer la présence d’animaux notamment
à travers leurs excréments ou traces de pas. Nous avons pu voir
des crottes rondes de lapin femelle (celles du male étant plus
allongées), celles d’un renard, ou encore des traces de pattes
de sanglier. Le gibier est vraiment rusé et nous l’avons
constaté avec des groupes de perdreaux qui poursuivaient leur
petit bonhomme de chemin au sol tant que nous restions dans la
voiture, mais qui prenaient la fuite dès que nous sortions pour
tenter de les photographier. Un constat qui prouve bien que pour
le chasseur il n’est pas si facile que cela de les approcher.
La saison de la chasse qui couvre d’août (sanglier) à fin
janvier va se poursuivre avec des dates d’ouvertures spécifiques
pour chaque gibier comme le 9 octobre : dans les vignes, le
lièvre, la perdrix, le faisan, le lapin. Les dictons des anciens
confirment que la chasse est une réelle tradition avec une
grande proximité avec la nature, ils vous diront :
à
la saint Michel l'appeau est dans le ciel (29
septembre) A la saint Luc lou grand truc (18 octobre)
et ce truc c’est le passage en grand nombre des palombes…
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