| 25 janvier 2012 |
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L'EVENEMENT la Vidange du Lac
C’est dans la lumière encore rougeoyante de l’aube, que
les premiers pêcheurs se sont mis en œuvre au lac pour
une matinée exceptionnelle. L’objectif du jour était de
terminer la vidange de l’étendue d’eau en sauvant un
maximum de ses habitants. Nous avons suivi, pas à pas,
les opérations pour un reportage comme nous aimons les
réaliser et vous les faire partager. Dès son arrivée, Henri Chavanette, hydrobiologiste chargé de missions à la Fédération, faisait un point avec les principaux responsables de la Société de Pêche Trébéenne : définissant le déroulement des opérations, les tâches à effectuer et le nombre d’hommes nécessaire. Deux autres membres de la Fédé l’avaient rejoint. Lors du breafing général, Henri Chavanette mettaient en exergue quelques points cruciaux: la durée de vie des poissons hors de l’eau étant limitée, il appuyait sur l’importance d’agir rapidement. Plusieurs postes, tels que la table d’enregistrement des poids, mesures et quantités étaient mis en place. D’autres trébéens devaient se charger du marquage des poissons (qui permettra dans l’avenir des études des populations aquatiques) et de l’application d’un désinfectant après l’acte. La première contribution des bénévoles trébéens venus nombreux s’est présentée en une chaine humaine pour remplir les containers. Plusieurs contenants, alimentés en oxygène, étaient ainsi fin prêts pour accueillir les poissons par types d’individus.
En chef d’orchestre de cette opération d’envergure, le
technicien de la Fédé, exposait ensuite les consignes
pour ceux qui allaient participer à cette mission
sauvetage pratiquée à la pêche électrique au cœur des
manœuvres . Tous ceux qui intervenaient dans l’eau
devaient impérativement enfiler des waders en néoprène
et gants en caoutchouc, afin d’être protégés par ces
isolants des décharges électriques. Les épuisettes en
alu étaient bannies au profit de celles mises à
disposition disposant d’un manche de bois. A son tour
Henri Chavanette s’équipait de son matériel : Un wader
bien évidemment, un boitier contenant des batteries
capables de transmettre à l’anode (cercle au bout
d’une tige sur nos photos) des charges de 200 à 380
volts. Un procédé qui assomme seulement et momentanément
le poisson. L’équipe opérationnelle intervenait tout d’abord dans la vase au milieu du lac pour la récupération de quelques individus dont une anguille que vous pouvez apercevoir sur l’une de nos photos. La vidange du lac était alors stoppée, et la partie la plus sportive de cette matinée pouvait alors commencer….
C’est sur le 1/5ème environ du lac, plus
profond coté pont de l’Aude, que les hommes ont pris
place. Une poignée d’entre eux, avaient en charge le
filet, qui tendu d’un bord à l’autre permettait de
réduire peu à peu la zone d’intervention et faciliter
ainsi le travail de ceux qui récupéraient les poissons.
Comme s’y attendaient les responsables de l’association
de pêche locale, leurs craintes étaient bien fondées,
et parmi les carpes, gardons, brochet … les indésirables
silures étaient bien là (lire notre article de novembre
Cliquez ICI ) . Une
trentaine de ces carnassiers ont été retirés, dont le
plus monstrueux qui affichait les 1, 80 mètre et 60kg,
suscitant, lors de sa prise, des exclamations parmi les
spectateurs massés sur les berges.
Le pisciculteur qui était là pour récupérer les truites,
qu’habituellement il vient déverser, avait fait le
déplacement pour rien puisque seulement 2 de ces
poissons ont été trouvés. Nombre de carpes, brochets et
autres ont été évacués dans les eaux de l’Aude où ils
poursuivront leur destin, jusqu'à ce que l’appât d’un
pêcheur leur soit fatal. Les silures sont partis en
direction d’un étang à Bram qui est en gestion « No Kill »
(pas tué), autrement dit : où la pêche se pratique
seulement avec remise à l’eau des prises. Nous avons
été très surpris par quelques autres habitants sortis
du Lac : en effets nous avons découvert des écrevisses
de Louisiane et des anodontes (grosses moules). Ces
dernières ne sont pas comestibles, mais sont bénéfiques
pour le lac par leurs capacités à filtrer l’eau. Après plus d’une heure d’actions intenses venait l’heure du bilan pour le représentant de la Fédé : sur le plan humain, Henri Chavanette estimait que les intervenants trébéens avaient été très efficaces. L’estimation du sauvetage est de 700kg de poissons, un volume que l’hydrobiologiste avait envisagé à la baisse, en tenant compte du fait que le lac, ayant un liner en son fond, ne permet pas l’échange qui se produit entre l’eau et la terre dans les lacs naturels. En détails : 2 truites, un brochet (1mètre, 8kg environ), 2 anguilles, un millier de gardons, 124 carpes, 30 silures.
A midi tout ce petit monde passait à table pour un
déjeuner requinquant après tous ces efforts. Mais en fait l’histoire ne se termine pas là… en effet, en début d’après-midi les pêcheurs trébéens s’aperçoivent qu’un « chasseur » est encore en activité dans la poche d’eau restante. Les professionnels n’étant plus là, les dirigeants de l’association prennent la décision de vider totalement cette enclave. N’ayant plus de moyens techniques à disposition, ils ont fait appel aux pompiers trébéens et à leur matériel de pompage pour descendre encore le niveau. Ce sont encore une dizaine de silures, une trentaine de carpes et des petits poissons à profusion qu’ils ont évacués du lac.
Ce soir, il ne reste que 30 à 40cm d’eau, et les
pêcheurs Trébéens de l’AAPPMA, ne veulent pas s’arrêter
là, il n’est pas question pour eux qu’il puisse rester
un seul silure dans le lac. Alors demain matin, ils se
remettront au travail pour que le lac soit un total « no
fish land » et n’héberge plus aucun habitant.
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